Santé Interculturelle

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La proposition d’une interculturalité orientée spécifiquement vers la santé existe déjà depuis plus d’une décennie, et ses antécédents politiques, organisationnels, normatifs et institutionnels remontent à la fin du 20ème siècle. Comme projet, en dernier lieu politique, l’interculturalité reflète et résume différents projets politiques, dans certains cas parallèles, dans d’autres cas complémentaires et dans d’autres cas contradictoires. D’un côté il y l’interculturalité comme projet de décolonisation, formé dans certains cas à partir de processus d’organisation et de revendication sociale ou ethnique, et dans d’autres cas comme partie d’un projet d’État, parfois inclus dans l’entreprise néolibérale de « diversité » et parfois comme réponse aux demandes sociales. Pour donner une vision très générale, « l’interculturalité en santé indique la nécessité de rechercher des formes et mécanismes appropriés pour que les différents systèmes de santé et de médecine, dans ce cas indigènes et occidentales, puissent interagir de manières plus harmonieuses et complémentaires, avec le but de fournir des services de santé plus efficaces et culturellement pertinents.

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Didier y Oswaldo Payaguaje -médico Sekopia- con Yoco

Des programmes et modèles de santé interculturels à succès qui démontrent une plus grande efficacité que les modèles actuels n’existent pas encore réellement dans l’Amazonie équatorienne. Ceci est dû en grande partie au fait qu’il n’existe pas de systèmes d’information et un véritable dialogue entre les parties impliqués.
Cependant il est suggéré que l’interculturalité en santé, vue d’une relation plus juste et égalitaire des connaissances et du savoir, permettrait l’amélioration des conditions de santé des populations indigènes.

Nous croyons que l’interculturalité en santé est, dans une certaine mesure, conditionnée par notre capacité à mener à terme des processus endogènes de récupération, renforcement et rénovation des systèmes traditionnels de santé indigènes. C’est dire que celle-ci est conditionnée par des processus plus amples d’autodétermination et d’autonomie à l’intérieur des groupes et sociétés indigènes. Il reste difficile d’avancer des propositions concrètes suggérant comment un système de santé interculturel pourrait ou devrait fonctionner. Le manque d’une analyse critique et profonde des multiples difficultés (épistémiques, structurelles, etc.) qu’affrontent ces initiatives sur le terrain, spécialement basée sur des expériences concrètes de projets et de personnes engagées dans ce processus depuis plusieurs années, se fait fortement ressentir.

Certaines conditions, bases et mécanismes possibles pour construire des modèles interculturels de santé indigène :

À partir d’une compréhension des obstacles et opportunités de l’échange et dialogue culturel, le Centre Sacha Warmi cherche à générer les types de connaissances, capacités et enseignements nécessaires pour affronter la crise socio-environnementale aigue dans le contexte multiculturel de l’Amazonie postcoloniale.

Nous sommes conscients de la nécessité de l’existence d’une véritable volonté, autant de la part des personnes que des organisations indigènes, pour aborder le thème de la récupération, renforcement et rétablissement des systèmes traditionnels de santé. Sans cette volonté, l’interculturalité ne pourra pas être atteinte.
Il doit également exister la même volonté de la part du système officiel de santé et, de manière générale, de l’état.
En tant que centre de ressources et de références, la mission du Centre Sacha Warmi est de construire des ponts, d’être une entité médiatrice pour promouvoir et appuyer le dialogue interculturel entre des deux parties, c’est-à-dire entre les systèmes traditionnels et occidentaux de santé et de médecine.
Nous croyons que pour arriver à un véritable dialogue interculturel, il est nécessaire de mettre en marche des processus de réflexion à l’intérieur de chaque groupe. Du côté indigène, comme les plus âgés l’ont dit : « D’abord nous devons mettre de l’ordre dans notre propre maison ; », c’est-à-dire qu’il est d’abord nécessaire d’évaluer leur propre situation, dans laquelle se trouve la santé et la médecine traditionnelle indigène, voir ce qui peut être fait dans leur propre culture pour récupérer ce qu’il est encore possible de récupérer et le renforcer, pour arriver à des propositions concrètes et ainsi avoir la possibilité de proposer un dialogue interculturel dans de meilleur conditions d’égalité et de respect mutuel.
Du côté du système officiel de santé, nous pensons qu’il faut continuer à chercher comment générer plus d’intérêt dans le corps des professionnels de santé, pour arriver à une meilleur compréhension et acceptation des réels possibilités et avantages prouvés de la médecine traditionnelle, à travers des processus continus de sensibilisation et de formation.
Il est improbable que le CSW puisse faire grand-chose sans l’existence de cette volonté de la part des deux partis.

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Aprendiendo curación con plantas
Estudiantes de Enfermería -Puyo
Nous espérons que les institutions de santé et les gouvernements locaux s’intéressent à ce que propose le Centre Sacha Warmi de façon à ce que l’on puisse arriver à des accords ou engagements qui permettent de développer ensemble des actions et activités de sensibilisation et de formation mentionnées précédemment.
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